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lundi 17 septembre 2012

Lucette 2012

Lucette vient de fêter ses cent ans, le 20 juillet dernier. Quoi, Lucette ? Lucette qui ? Mais Lucette Destouches, enfin ! Lucie Almansor ! La femme de Céline !

La danseuse de Meudon, veuve du plus grand écrivain français du XXe siècle (en toute objectivité), est plus vivante que jamais, et Marc-Édouard Nabe, qui lui avait consacré un roman en 1995, a profité de l’occasion pour le ressortir en édition de poche. Dix-sept ans pour passer en poche, c’est long, mais ça valait le coup d’attendre ! Et puis, voir ce livre, écrit à l’occasion du centenaire de la naissance de Céline et publié l’année d’après, ressortir pour le centenaire de la naissance de Lucette – un centenaire fêté du vivant de l’intéressée qui plus est –, voilà sans doute l’une des meilleures nouvelles de la rentrée littéraire.

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dimanche 9 septembre 2012

Léautaud, l'homme-journal

« Vous étiez une sorte de phénomène dans l’abstention », disait Robert Mallet à Léautaud qui évoquait ses souvenirs d’enfance. L’ami des bêtes lui exposait combien, adolescent, il s’intéressait peu aux filles de son âge. Plus tard, cet abstentionnisme prendra d’autres formes : désintérêt total pour la chose militaire et l’idée de patrie, pour la religion, pour la réussite littéraire… Peut-être, au fond, que cette façon de se tenir en marge de tout, en simple témoin de son époque, en observateur amusé des artistes de son temps, était la condition nécessaire à l’écriture de son Journal littéraire

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Karoo, une tragédie américaine

Nous sommes à New York, au début des années 90, tout juste après la chute du Mur de Berlin et l’effondrement du régime de Ceaucescu. Saul Karoo travaille pour l’industrie du cinéma, il réécrit des scénarios. Depuis quelques temps, il s’est rendu compte qu’il était atteint d’une étrange maladie : quelle que soit la quantité d’alcool qu’il absorbe, il ne parvient pas à être saoul. Désormais, il lui faut jouer l’ivresse pour que ses proches ne soient pas déstabilisés : qu’ils puissent encore voir en lui l’incurable alcoolique qu’ils ont toujours connu.

Déformation professionnelle ? À force de côtoyer l’univers factice d’Hollywood, Karoo passe son temps à jouer un rôle. Menteur professionnel, il joue le raté que son ex-femme voudrait voir en lui, ou le « Doc », le génie du rafistolage de films que le producteur Jay Cromwell lui affirme qu’il est, capable de transformer n’importe quel scénario médiocre en chef-d’œuvre. « Incarner l’image que Cromwell me donne à incarner est très relaxant. J’avais oublié le confort facile qu’il y a à être une image plutôt qu’un être humain. » Bref, il pose.
 
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