samedi 15 février 2014

Vidéodrome 5 : l'objet (19 octobre 2012)

Vendredi 19 octobre 2012.
            L’averse est devenue un état permanent. On se croirait de plus en plus dans Les Nus et les morts : « La saison des pluies étant arrivée, ils étaient trempés nuit et jour. Avec le temps, ils n’en ressentirent plus la gêne. Porter des vêtements mouillés leur semblait parfaitement naturel, et personne ne se souvenait comment l’on se sent dans un uniforme sec. » (Page 233).
            Mon train est à 15 h 17, je rejoins la gare sous la pluie. Depuis le Viaduc, la Mayenne a pris une ampleur impressionnante, elle roule ses eaux jaunâtres sous le crachin ininterrompu.
            J’ai le sentiment qu’il y a une éternité que j’ai pris le train. La dernière fois, c’était pour aller à Verdun, et ça avait été un beau bordel rien que pour rejoindre Châlons-en-Champagne. J’espère bien que les choses se feront plus facilement aujourd’hui. C’est le cas, mes trains sont à l’heure à Laval comme au Mans, je n’ai qu’à m’installer, me replonger dans Les Nus et les morts et me laisser porter.
            Mon hôtel est dans le XIVème, je prends la ligne 4 et descends à Alésia. Là, tout en empruntant l’avenue Jean-Moulin, toujours sous la pluie, j’ai un soupçon qui se confirme quand je longe la rue Giordano-Bruno : je suis déjà venu ici, et plus précisément dans cet hôtel, Villa du Maine, rue Ledion. Cela remonte à plusieurs années, peut-être à un réveillon « péplaute », mais en tout cas, je suis déjà venu. Ma chambre, la 12, me plaît tout de suite : la porte ouvre sur un couloir qui mène à la chambre, spacieuse, avec une tablette pour écrire, une reproduction de Klimt au-dessus du lit, et même un minibar (vide). La fenêtre ouvre sur le toit, peut-être celui de la salle du petit déjeuner (mon sens de l’orientation laisse à désirer). Je me laisse aller sur le lit, heureux de souffler un peu. Pire que la pluie, qui après tout ne m’a rien fait, il y a cette lourdeur insupportable de l’air… Je regarde l’heure : déjà 18 h 10 ! Je ne pensais pas avoir mis autant de temps à rejoindre l’hôtel, et je dois être chez Pierre à 19 heures. Retour dans la rue, donc, puis dans le métro. Je change à Odéon, et sur le quai pour la ligne 10, je remarque une jolie brunette, lunettes, jean et gentil décolleté vert pâle à la lisière duquel apparaissent les dentelles noires du soutien-gorge. Petits seins, visage charmant. Un type qui fait une enquête vient me demander si j’ai été témoin, ces quinze derniers jours, ou si j’ai entendu parler de perturbations sur les lignes A et D du RER, et sur une autre ligne de métro. Désolé, je viens d’arriver, je pas Paris, je touriste. Il pose la même question à la jolie brune (châtain, plutôt, mais bref), qui lui répond qu’elle n’a emprunté aucune de ces lignes ces jours-ci. Il interroge encore un gars qui, lui, a été témoin de pas mal de perturbations, qu’il énumère longuement, avant de préciser que tout cela s’est déroulé sur la ligne C du RER. « Ça m’intéresse pas, alors », lui dit l’enquêteur avec un sourire. Là-dessus, le métro arrive, et je me retrouve assis sur le strapontin à côté de celui de la fille. Un roman d’amour pourrait commencer à ce moment-là, mais j’ai pas le temps
et je descends avant elle,
à La Motte-Piquet-Grenelle.
(Merde ! On dirait du Vincent Delerm !)
L’entrée de l’immeuble de Pierre est couverte de plastique, et comme nous faisons une soirée vidéodrome sur le thème de l’objet, je me présente à l’interphone en disant : « Je suis une bâche en plastique. »
Tout le monde est déjà là, autour du vin, du chorizo et du saucisson : Cécile, Anne et Jacques-Pierre – Jean-Rémi n’ayant pas pu venir ce soir. Je dois me raccrocher aux conversations en cours, Cécile parle d’un texte qu’elle a dédié « à Pierre, ma muse », et en l’embrassant je dis que Pierre m’amuse aussi. Première blague foireuse de la soirée… Elle m’apprend qu’elle a pensé à moi à Berlin (elle a vraiment besoin d’aller si loin pour ça ?) parce qu’elle a vu l’affiche d’un groupe ou d’un spectacle intitulé Bag of Bones.
Comme je ne suis plus venu à Paris depuis longtemps, il faut me résumer les derniers rebondissements, et le plus rebondissant de tous est la rencontre de Pierre avec son mythe rohmérien, son fantasme absolu, Aurora Cornu, qui a joué dans Le Genou de Claire, écrivain roumaine un peu sorcière, lisant l’avenir dans le marc de café, mariée à Aurel Cornéa, qui sera pris en otage à Beyrouth, fondatrice d’un « monastère Cornu » en Roumanie… Pierre, qui me montre les deux livres d’elle qu’on peut encore trouver en France, La Déesse au sourcil blanc, recueil de poésie, et le roman Fugue romaine vers le point C, m’explique donc dans quelles circonstances il a pu rencontrer cette femme étonnante de soixante-dix ans qu’il vénère des pieds à la tête.
La transition est parfaite pour lancer la soirée vidéodrome sur l’objet : Pierre nous montre l’objet de son désir parmi les passantes d’un extrait de L’Amour l’après-midi, de Rohmer, où un homme fantasme devant les créatures apparaissant les unes après les autres dans la rue et s’imagine portant au cou une sorte de talisman lui permettant d’annihiler toute volonté chez les femmes. Objet aussi cormaryen que juldéen, évidemment : ah ! prendre le contrôle sur la belle inconnue et ne plus craindre le moindre refus…
Cécile, qui doit partir tôt, est celle qui décide du rythme à imposer à la soirée, et elle montre un passage de la Lolita de Kubrick. L’objet est évidemment Lolita elle-même, lors de sa première apparition dans le film, au milieu du jardin de Charlotte Haze. Objet du désir de Humbert Humbert, et gamine transformée en objet par sa propre mère : « Mes roses jaunes, ma fille… Ma tarte aux fraises ! »

Pour rester dans le thème de la femme-objet, Anne enchaîne avec Liza, de Marco Ferreri. Catherine Deneuve sublime, se baignant avec un chien. Ayant rapporté à son maître le cadavre du chien, Deneuve prend le collier de l’animal et le passe autour de son cou… devenant elle-même le chien de Marcello Mastroianni. Le collier : objet ayant la capacité de transformer la nature même des êtres. L’habit fait le moine, le collier fait le chien.
Je change totalement de direction en glissant dans le lecteur DVD le film This Is Spinal Tap de Rob Reiner, un peu comme on glisserait une couleuvre dans un col de chemise. « Ça, c’est un film Juldé ! » affirme Pierre. C’est idiot, c’est nanardesque, le plus mauvais groupe de hard-rock du monde montant sur scène pour un spectacle monumental sur le thème de Stonehenge… où un dolmen minuscule se retrouve piétiné par des nains. Même un lieu sacré peut devenir un objet : tout est question de proportions…

Là-dessus, nos japonaiseries arrivent et il est temps de passer à table. Quand elle nous raconte qu’une de ses élèves l’a complimentée sur sa tenue et sa coiffure ce matin alors qu’elle n’a fait aucun effort pour ça, on se fait un devoir, nous les mecs, de lui confirmer qu’elle est belle au naturel, et Pierre parle de son look un peu anglais, avec sa barrette dans les cheveux… « On a envie de t’appeler Gladys ! » La conversation dévie alors sur les prénoms que ces demoiselles auraient aimé porter quand elles étaient jeunes (Claire pour Anne, mais Claire Bouillon ce n’est pas très heureux ; et pour Cécile, non pas Gladys, mais Aurore – presque Aurora). Puis Pierre évoque un ancien vidéodrome sur la vulgarité, et on se lance dans un grand débat pour savoir ce qui est grossier et ce qui est vulgaire.
Bref ! Retour à l’objet. Jacques-Pierre nous montre un extrait de L’As de Pique, de Milos Forman. Un jeune homme employé dans un magasin doit surveiller les clients. Soupçonnant un homme d’avoir volé quelque chose, il se lance à sa poursuite dans les rues, à la recherche de l’objet… l’objet invisible. Y a-t-il eu vol ? Qu’est-ce qui a été volé ? La poursuite lente et burlesque ressemble à un film de Buster Keaton ou de Tati.
Pierre reste dans le thème du vol avec le Pickpocket de Bresson. Des mains qui volent, s’envolent, furètent, plongent dans des poches, font glisser des portefeuilles entre deux doigts, danse de mains sur le quai d’une gare, dans le couloir d’un wagon – un monde de mains.

Cécile décroche la palme du nanard ce soir avec Le Couloir de la mort, un film de… de qui ?... « On sait pas, on s’en fout ». De Bret Michaels, finalement. La chaise électrique, l’objet qui donne la mort, filmée dans de grands roulis de caméra, effets spéciaux à gogo, esthétique de vidéoclip que Pierre compare à l’apparition de la télévision dans Les Bijoux de la Castafiore.
Anne continue sur le même thème de l’objet qui tue avec Dillinger est mort, encore de Marco Ferreri, avec Michel Piccoli, son torse velu et son flingue ridicule, rouge à pois blancs, arme de clown pour exécution grotesque.
Cécile revient avec Blow Out, de Brian de Palma, ou comment faire un film, et un bon, autour d’une plaisanterie macabre même pas drôle. John Travolta, preneur de son à la recherche d’un cri d’effroi pour un film de série B, doit sauver une femme. Malgré le ralenti de la course du héros, celui-ci ne parviendra pas à sauver la belle. Comme souvent chez De Palma, le ralenti annonce l’échec et non pas la réussite, façon de « briser la catharsis du spectateur », comme dit Pierre. Spectateur qui, ajoute Cécile, est lui-même réifié. Voilà : l’objet, c’est nous ! Et surtout, dans cet extrait, l’objet c’est le son, ce cri introuvable, ce cri que le preneur de son enregistrera au moment de la mort de Sally. « That’s a good scream. » Générique de fin.
Jacques-Pierre nous apporte Smoking/No smoking, d’Alain Resnais – plus exactement la partie Smoking. À cette occasion, Pierre, en pleine Aurora boréale, nous offre le lapsus de la soirée : « Je n’aime pas tout Rohmer, mais celui-là est vraiment bien… ». Sabine Azéma doit préparer le repas d’une fête de village pendant que s’annonce une course de mères célibataires. Rien n’est prêt, c’est le bordel, personne ne l’aide, et quand Arditi lui apporte sa miche de pain (l’objet du crime), c’est un truc informe et dur comme de la pierre. Désespoir, colère, hystérie et pour finir folie complète, Sabine retombe en enfance, dînette obligatoire.
C’est après cet extrait que Cécile s’en va : il est plus de dix heures et elle se lève à six heures demain. Je suis mortifié, elle n’a vu qu’un seul de mes extraits, et maintenant, à chaque extrait qui va passer, je vais penser : « Ah ! Si Cécile voyait ça… » Heureusement, il y a mon journal. Du coup, j’ai une pression énorme : Anne m’a demandé d’être très précis dans la description des extraits, et Cécile attend mon compte-rendu avec impatience.
La soirée se poursuit, je passe un extrait de La Charge héroïque de John Ford. « C’est presque un film orthodoxe, ça, Raphaël ! » constate Pierre un peu surpris. Admettons. L’objet qui nous occupe est omniprésent dans le titre original du film, She wore a yellow ribbon, ainsi que dans la chanson principale. Ce ruban jaune que portent les femmes dont le fiancé est dans la cavalerie – ruban qui génère beaucoup de prétendants, la belle amazone chevauchant avec les hommes en tuniques bleues et ne sachant plus trop elle-même pour qui elle le porte.
Pierre reste dans le thème de l’objet témoin de l’amour, de l’objet de communication amoureuse avec le téléphone, dans un extrait du spectacle de Philippe Caubère, Les Enfants du Soleil. Désespérant téléphone qui doit sonner, qui ne sonne pas, ou qui sonne à tort et à travers, pour rien, jamais la bonne personne, déception dans l’écouteur, au bout du fil et du rouleau l’homme devient fou, le téléphone prend toute la place, Caubère devient le téléphone, carré, impuissant, avec son cadran et sa tonalité froide. « Sonne maintenant ou je te mets le doigt dans le 2 ! »
Jacques-Pierre revient au livre, au livre comme objet du délit, au livre qu’il faut brûler. Farenheit 451, de Truffaut. Brigades de pompiers pyromanes se déplaçant comme les Frères Jacques, à l’assaut des maisons recelant des livres, mise à sac des cachettes : abat-jour d’une lampe, poste de télévision – on cherche les livres comme on cherche de la drogue, et tout finit en un beau bûcher sur la place publique. « C’est Annie Ernaux contre Richard Millet ! », jubile Pierre. Il y a toujours quelques curieux pour parcourir une ligne ou deux avant de se débarrasser d’un ouvrage sous le regard sévère des représentants de la loi. Chasse aux contrevenants dans un jardin publique. Mais l’un des agents les plus prometteurs succombe lui aussi à la curiosité et ouvre un livre de Dickens…

Pierre continue dans cette atmosphère futuriste et paranoïaque avec The Wall, d’Alan Parker, dans sa partie « film d’animation ». Des fleurs poussent, éclosent, s’enlacent et se violent l’une l’autre, le mur s’étend, la société totalitaire prend toute la place, un mur d’objets de consommation, Hi-Fi, voitures, écrans, le mur s’étend, et la marche cadencée des marteaux rouges et noirs. Le marteau.
Anne revient avec son objet fétiche, le flingue, dans le film Dear Wendy de Lars Von Trier et Thomas Vinterberg. Nous sommes dans un western moderne, en pleine fusillade dans la rue principale, et les armes ici ne sont plus des objets, mais de véritables personnages, et Wendy est une de ces armes, le colt du héros, qui plutôt que de mourir d’une balle perdue, tirée par un pistolet quelconque, préfère être tué par la balle crachée de la bouche de sa chère Wendy.
J’enchaîne avec mon « film de chevet », et sans doute celui auquel j’ai pensé au dernier moment pour faire ce vidéodrome : Le Feu-follet de Louis Malle. Maurice Ronet en suicidaire vivant sa dernière journée dans une maison de repos, chambre encombrée de bibelots, poupée de bois qui perd la tête, statuettes, photographies, coupures de presse de la rubrique des faits divers, paquets de cigarettes qu’on empile jusqu’à l’effondrement, femme qui passe dans la rue, objet de désir, des objets en pagaille, des objets et encore des objets, pour aboutir à l’objet fatal : un revolver. Eh oui ! Encore un !

Jacques-Pierre exhume Deep End, de Jerzy Skolimowski. Dans une piscine municipale sordide, un adolescent aide une jeune femme à déposer de lourds sacs de neige recueillie à l’extérieur. Dans les blocs de neige crasseux, ils se lancent à la recherche d’un minuscule diamant, une goutte d’eau que le garçon feint d’avaler pour obtenir les faveurs de la fille. Ambiance Nouvelle Vague, couleurs criardes dans la saleté ambiante, l’aiguille qu’on cherche dans une botte de foin, atmosphère aussi drôle qu’inquiétante. Mais comment peut-on retrouver un truc aussi petit, une larme au milieu de la glace ?
Pierre ne pouvait éviter Harry Potter : extrait de la première partie des Reliques de la Mort. Harry, Ron et Hermione se rendent chez le père de Luna Lovegood et apprennent l’histoire des trois reliques de la mort : la baguette de sureau, la cape d’invisibilité et la pierre de résurrection. Un conte en ombres chinoises au beau milieu du film, trois objets à réunir pour atteindre l’immortalité.
Les objets, Antonioni les fait voler en éclats dans la scène finale de Zabriskie Point, que je diffuse ensuite. La secrétaire d’un promoteur immobilier imagine l’explosion de la superbe villa de celui-ci, à flanc de rocher, et la pulvérisation de toutes sortes d’objets de consommation : poste de télévision, vêtements, nourriture, tables, et même des livres, car lorsque les livres ne brûlent pas chez Truffaut, ils explosent chez Antonioni…
Anne, qui aime se faire mal, étale devant nous les instruments d’obstétrique terrifiants de Faux-semblants (David Cronenberg). Naissance, utilisation et mort de l’objet, de l’usine à la salle d’opération, où les chirurgiens comme la patiente sont vêtus de rouge. Le sang doit moins s’y voir…
Rions un peu avec le régime nazi : Jacques-Pierre passe un extrait de To be or not to be, d’Ernst Lubitsch. Un acteur qui avait pris la place du nazi Siletsky a été découvert : le vrai Siletsky est mort et son cadavre l’attend dans la pièce d’à côté. Alors que les officiers allemands se frottent les mains, prêts à le confondre, il retourne la situation à l’aide d’un rasoir et d’une barbe postiche. Quiproquos et incompréhension, du grand burlesque tourné alors qu’Hitler était au mieux de sa forme…

La conclusion de la soirée est confiée à Anne et à Tex Avery. Le Chat qui détestait les gens. Fatigué des mauvais traitements qu’on lui inflige, un matou renfrogné s’envoie sur la Lune pour y trouver la paix… et se retrouve poursuivi par des objets coupants, contondants, urticants ou autres. Harcelé, molesté, déchiqueté, il retourne sur cette bonne vieille Terre où il peut enfin être piétiné et bousculé tranquillement. « L’Enfer, c’est les objets ».
Il n’est pas loin d’une heure du matin quand le vidéodrome s’achève. On a déjà prévu le thème du prochain : la paranoïa. Voilà qui promet ! Anne remet ses chaussures vertes à talons qui, finalement, étaient peut-être l’objet que nous avons recherché pendant toute cette soirée sans le savoir. Nous quittons l’immeuble de Pierre, Jacques-Pierre se met à la recherche d’un taxi, Anne et moi descendons dans le métro, et nous nous séparons tout de suite parce que le mien arrive.

Pas la force de prendre des notes ce soir. Arrivé à l’hôtel, je prends une douche, puis retourne un peu sur l’île d’Anopopéi avec Les Nus et les Morts et éteins rapidement la lumière.

1 commentaire:

Pierre Driout a dit…

Depuis que je prends le train Laval-Paris-Laval avec toi j'ai l'impression de me retrouver dans Harry Potter à l'école des sorciers ; quand on croit en avoir fini avec le dernier épisode il y en a un autre qui recommence ... tu veux faire concurrence à Fantomas ou à Chéri-Bibi ? Tu te spécialises dans le feuilleton à épisodes ? Marc Lévy tiens-toi bien Juldé débarque ...