lundi 16 juillet 2007

La machine à essorer les tripes


Il y a des écrivains qu’on ne peut évoquer sans automatiquement voir défiler une armée de lieux communs. Ainsi, quand on prononce le nom de Charles Bukowski, tout un chacun peut, sans crainte d’être contredit, aligner les poncifs sur la presse underground américaine, l’alcool, les courses de chevaux, les femmes, la maladie, la folie ordinaire. En grattant un peu, on peut même aller jusqu’au rôle interprété par Mickey Rourke dans le Barfly de Barbet Schroeder (1987). En France, on se souvient encore d’une émission catastrophique d’Apostrophes diffusée le 22 septembre 1978, et durant laquelle Bukowski, qui se serait vu offrir deux bouteilles de vin blanc à son arrivée dans les studios d’Antenne 2, s’était joliment cuité tout au long du show télévisé, sous les sarcasmes d’un Bernard Pivot au meilleur de son mépris : « Finalement, il ne tient pas tellement la bouteille, cet écrivain américain ! »

Oui, Bukowski, c’est tout ça. Six romans, des tonnes de poèmes et de nouvelles sont là pour le montrer. Comme la plupart des enfants battus, comme la plupart des adolescents complexés – par une acné purulente dont il gardera les cicatrices à vie – « Hank » a dû apprendre à survivre seul, comme un animal délaissé par la meute, et pour continuer à s’estimer un peu, il ne lui restait plus qu’à devenir, non pas laid, mais le plus laid ; non pas méprisable, mais le plus méprisable[1]. D’où son attirance, très jeune, pour les clochards, les fous, les putes, toute la faune des bars, seuls exemplaires de l’humanité parmi lesquels il se sentait chez lui – seul environnement où il n’avait rien à prouver, où il pouvait tranquillement boire sa bière sans s’attirer la moindre remarque. La rue, la folie, la violence et la mort appartiennent à Bukowski comme Bukowski leur appartient.

Confessions d’un homme assez fou pour vivre avec des bêtes

Pour autant, il n’a jamais été clochard. Pauvre et vagabondant d’hôtels miteux en hôtels miteux, à la recherche d’un emploi quelconque qui lui permettrait de tenir encore quelques jours, avant de se faire virer ou de partir, oui. Mais la rue, les bars et plus tard les champs de courses lui serviront surtout de modèles, car ce sont ces endroits qui attirent le malheur dont l’Art se nourrit. « À chaque fois que j’essaie de me tenir à distance du champ de courses, je me ronge les sangs, je broie du noir et, quand la nuit tombe, c’est un homme éteint, apathique, qui branche son ordinateur. En sorte que pour vaincre cette angoisse de la page blanche, je m’oblige à aller là-bas observer l’Humanité, car il n’est pas de meilleur catalyseur que le travail d’après motif. Là-bas, le pire survient inéluctablement, l’horreur s’y donne sans relâche en spectacle. Oui, là-bas, je m’accepte tel que je suis, je ne flippe plus, à chacun son université, pas vrai ? Moi, je suis étudiant en science infernale. »[2]

Peut-être que ce qui a tenu Henry C. Bukowski Jr. en vie assez longtemps pour devenir Charles Bukowski, malgré les coups de ceinture, malgré l’absence d’amour, malgré l’alcool, étaient une simple machine à écrire, la sensation d’avoir quelque chose à dire et l’espoir qu’un jour une de ses nouvelles finirait par être acceptée. Il a vingt-quatre ans, en 1944, lorsque la revue Story, dirigée par Whit Burnett, publie Aftermath of a Lengthy Rejection Slip[3]. Il lui faudra attendre plus de dix ans avant que le miracle se reproduise, mais dès ce premier texte, Bukowski impose sa marque : d’une anecdote vécue, il tire un récit amer, sordide et drôle. Car la majeure partie de ses textes seront des souvenirs plus ou moins fidèles, des « confessions d’un homme assez fou pour vivre avec des bêtes »[4].

Depuis son enfance catastrophique dans la belle maison du 2122 Longwood Avenue, Los Angeles, racontée dans Souvenirs d’un pas grand-chose, jusqu’à ses dernières années à San Pedro, avec sa femme Linda Lee et leurs neuf chats, durant lesquelles il fit sa seule et unique expérience de journal intime – Le Capitaine est parti déjeuner et les marins se sont emparés du bateau –, il y a bien peu de moments de sa vie qui n’aient été exploités dans ses livres. Et lorsqu’il s’abandonne à la fiction dans une nouvelle, plus rarement dans un roman (Pulp, son ultime roman, est le seul qui soit réellement fictif), les personnages sont bien trop cabossés, bien trop au bout du rouleau, pour ne pas figurer, dans l’imaginaire du lecteur, de parfaits alter ego de l’auteur. « Manny Hyman était dans le show-business depuis l’âge de seize ans. Quarante ans de galère et même pas de quoi s’offrir une cuvette pour gerber dedans. »[5] « Le plus grand désir de Robert – quand il se mettait à cogiter sur ce chapitre – était d’entrer subrepticement au musée de Cire, une nuit, pour faire l’amour avec les femmes en cire. »[6] « Et voilà pourquoi je m’étais retrouvé au petit matin dans mon bureau, comme je l’ai indiqué au début de ce chapitre. Lessivé. Au trente-sixième dessous. Elles étaient pourtant des millions dans cette ville, mais aucune d’entre elles ne semblait vouloir franchir ma porte. Pourquoi, direz-vous ? Tout simplement parce que je suis un perdant. Un privé qui ne mène jamais à bien une enquête. »[7]

Perdants, alcooliques et pervers de toute sorte sont donc les héros récurrents des œuvres de Bukowski. Rien d’étonnant à ce que son succès soit avant tout populaire. Rien d’étonnant, non plus, au mépris qu’il inspire aux littérateurs de son temps ! Quand les poètes de son entourage, y compris les plus underground, posent à l’artiste engagé, s’indignent et s’interrogent sur le sens de la vie, l’amour et Dieu dans tout ça, Hank, lui, se retrousse les manches et plonge les deux mains dans la merde. Des coups de fouet assénés pour rien, parce qu’il avait laissé dépasser un brin d’herbe en tondant la pelouse, de la laideur et de l’isolement de son adolescence, naîtra Souvenirs d’un pas grand-chose (Ham on Rye, 1982). De ses errances sur les routes américaines, de piaules sordides en bars louches et de femmes cinglées en boulots minables, il fera Factotum (1975). Ses quinze ans de travail abrutissant à la Poste fourniront la trame du Postier (Post Office, 1970). Les femmes qui se précipiteront dans son lit, attirées par sa notoriété dans les années 70, peupleront Women (1978). L’expérience du cinéma et la rédaction du scénario de Barfly lui inspireront Hollywood (1989). Et dans le calme des dernières années de sa vie, quand il aura épuisé les expériences, que le cancer l’aura rendu plus sage et qu’il n’aura plus qu’à attendre la fin, il écrira Pulp (1994[8]), son dernier roman, dont l’héroïne n’est autre que la Grande Faucheuse elle-même.


Bukowski a payé chacun de ses mots, et il les a payés de sa sueur, de son sang, de sa raison parfois. Forcément, les coteries littéraires et les lectures de poèmes aux quatre coins des Etats-Unis, dans le confort des avions de ligne et des motels, ne peuvent guère lui inspirer que du mépris mêlé de dégoût. Il aura quitté, grâce à son éditeur John Martin, l’esclavage de la Poste pour tomber dans celui des mondanités. Rien de pire, pour un poète, que de devoir supporter les autres poètes. Il faut lire, à ce sujet, la nouvelle intitulée Voilà ce qui a tué Dylan Thomas, recueillie dans Au Sud de nulle part.

La machine à essorer les tripes

Le style de Bukowski, maintenant. Il est fidèle à l’homme : posé. Sans fioritures. Pas d’épate, pas de tape-à-l’œil. Il lui suffit bien d’avoir vécu ce qu’il raconte, Buk ne va pas en plus en faire des tonnes. Cette simplicité, parfois, désarçonne le traducteur, toujours prêt à faire du zèle. Ainsi, pour ce bout de poème, cité dans Le Capitaine est parti déjeuner… : « Jack with the hair hanging, Jack demanding money, Jack of the big gut, Jack of the loud, loud voice, Jack of the trade, Jack who prances before the ladies, Jack who thinks he´s a genius, Jack who pukes, Jack who badmounts the lucky, Jack getting older and older, Jack still demanding money…» Gérard Guégan n’a pu s’empêcher d’ajouter des rimes et des conjonctions de coordination où il n’y en avait pas, gonflant abusivement le texte : « Jack qui ne coupe pas ses tifs, mais qui n’oublie pas de tendre la griffe, Jack qui ne fait pas dans la nuance, et qui ne manque pas de grandiloquence, Jack qui constamment traficote, mais qui n’en cavale pas moins après les jeunottes, Jack qui se pense un génie, mais qui sur lui se vomit, Jack qui a l’éternelle cerise, mais qui conchie la divine surprise, Jack qui prend de la bouteille, et qui ne cesse de mendier son oseille… »


L’art de Bukowski consiste à présenter les choses de manière brute, sans ajouter de commentaire. Ne prenant pas son lecteur pour un imbécile, il le juge capable de comprendre par lui-même si la scène qu’il lit est censée lui inspirer du dégoût, de l’horreur, de l’indignation ou tout autre sentiment. « C’est alors que le premier coup de cuir m’arriva dessus. Ça fit un grand bruit plat, un bruit presque aussi horrible que la douleur que je ressentis. Le cuir s’abattit une deuxième fois. À agiter son cuir, mon père ressemblait à une machine à frapper. J’eus l’impression d’être enfermé dans un tombeau. Le cuir s’abattit encore une fois : je me dis que c’était sûrement le dernier coup. Mais non. Il retomba encore et encore. Mon père, je ne le haïssais pas. Il y avait seulement qu’il était incroyable, que moi, j’avais tout simplement envie de m’éloigner de lui. Je n’arrivais pas à pleurer. J’étais bien trop mal pour pleurer, bien trop paumé. Le cuir atterrit encore une fois. Et puis mon père s’arrêta. Je me redressai et attendis. Je l’entendis raccrocher le cuir. “La prochaine fois, dit-il, des poils, j’veux plus en trouver un seul.” Je l’entendis sortir de la salle de bain. Il avait refermé la porte de la salle de bain. Les murs de la salle de bain étaient beaux, la baignoire était belle, le lavabo était beau, et aussi le rideau de la douche. Même le siège des W.-C. Mon père n’était plus là. »[9]

Les écrivains qui s’attachent à la forme trahissent la littérature en sacrifiant ce qui en fait l’essence même : la vérité et l’émotion. Ce que Bukowski a résumé dans le plus bref de ses poèmes, Art :

« comme
l’esprit
s’évanouit
la forme
apparaît. »
[10]

Encore une créature qui se rend malade d’amour

Ce qu’on ne pardonne pas aux écrivains, c’est de montrer l’homme tel qu’il est. On ne pardonnera pas à Bukowski d’avoir fait de l’homme une usine à merde, à foutre et à vomi. La légende veut que Bukowski, pas plus que Céline, l’une de ses plus grandes influences, n’aimait les hommes. Tout juste lui accorde-t-on un certain goût pour les animaux – et pour le cul des femmes. Il est temps d’affirmer qu’un écrivain qui fouille l’humanité jusqu’au plus profond de ses intestins, ne peut qu’aimer celle-ci. Quitte à ne l’observer que de loin, en évitant tout contact prolongé avec les individus dont elle se compose. Il n’empêche que la curiosité est là, et avec elle une immense compassion. Pour s’en assurer, il suffit de lire avec quelle tendresse il évoque Cass, l’héroïne de La plus jolie fille de la ville, le premier des Contes de la folie ordinaire. Et pour mettre fin au cliché sur l’écrivain obsédé sexuel, misogyne et dédaigneux, de relire les magnifiques poèmes de L’Amour est un chien de l’enfer, ou de se replonger dans Women, dans la simple beauté des histoires de Women où les femmes ne sont pas simplement des culs et des cons, mais des jambes, des chevelures et tout le reste, et mettent à la torture Henry Chinaski, le double de Bukowski, par leur folie qu’il craint autant qu’il la recherche, par leurs trahisons, par ses trahisons, par l’inéluctabilité des choses. « Les Femmes : j’aimais les couleurs de leurs vêtements ; leur démarche ; la cruauté de certains visages ; de temps en temps, la beauté presque parfaite d’un autre visage, totalement et superbement féminin. Elles possédaient un avantage sur nous : elles planifiaient beaucoup mieux leur vie, elles étaient mieux organisées. Pendant que les hommes regardaient les matches de football ou buvaient une bière ou jouaient au bowling, elles, les femmes, pensaient à nous, se concentraient, étudiaient le problème, décidaient – de nous accepter, de nous rejeter, de nous échanger, de nous tuer ou, plus simplement, de nous quitter. En fin de compte, cela avait peu d’importance ; quel que soit leur choix, nous finissions dans la solitude et la folie. »[11]


Charles Bukowski, donc. Le clodo d’Apostrophes, le pilier de bar ; Bukowski et ses bières, Bukowski et sa gueule de papier mâché, Bukowski et sa merde – l’histoire littéraire ne retient jamais que ce qui l’arrange pour faire entrer ses auteurs dans les cases qui conviennent. Charles Bukowski est l’un des écrivains américains les plus importants de la deuxième moitié du XXème siècle, point. Sa violence, sa noirceur ne font que répondre à la réalité d’un monde de plus en plus brutal, que l’écrivain dissèque de l’intérieur, sans pleurnicheries mais sans illusions. Sans issue de secours. À son éditeur, John Martin, il écrit en août 1986 : « Ne pas avoir entièrement gâché une vie me semble être un accomplissement digne de mérite, même si c’est seulement pour moi-même. »[12]


Voilà Hank : un type qui ne se berce pas de vains espoirs, qui goûte juste le fait d’être en vie et qui sait que ça ne durera pas.


Publié dans La Presse littéraire n°2, janvier 2006.


[1] « C’EST MA MERDE QUI PUE LE PLUS FORT APRÈS CELLE DES CHIENS », voilà un aphorisme téméraire que l’on trouve, signé Charles Bukowski, sur les murs de la maison du vieux Sanchez, dans la nouvelle intitulée Dix branlettes, in Nouveaux contes de la folie ordinaire, Grasset, 1982. Traduction de Léon Mercadet.
[2] Le Capitaine est parti déjeuner et les marins se sont emparés du bateau, traduction de Gérard Guégan, illustrations de Robert Crumb, Grasset, 1999.
[3] Séquelles d’une longue lettre de refus.
[4] Titre d’une nouvelle recueillie dans Au sud de nulle part, traduction de Brice Matthieussent, Grasset, 1982.
[5] There’s no business, in Apporte-moi de l’amour, Mille et une nuits, 1999. Traduction de Jean-Luc Fromental.
[6] L’Amour pour $ 17,50, in Au Sud de nulle part, op. cit.
[7] Pulp, Grasset, 1995. Traduction de Gérard Guégan.
[8] Les dates données entre parenthèses sont celles de la première édition américaine.
[9] Souvenirs d’un pas grand-chose, Grasset, 1985. Traduction de Robert Pépin.
[10] In Jouer du piano ivre comme d’un instrument à percussion jusqu’à ce que les doigts saignent un peu, Grasset, 1992. Traduction de Michel Lederer.
[11] Women, Grasset, 1981. Traduction de Brice Matthieussent.
[12] Correspondance 1958-1994, Grasset, 2005. Traduction de Marc Hortemel.

9 commentaires:

HipiPidiblue ! a dit…

Bon ! c'est clair que Bukowski n'avait pas le genre a faire des notes en bas de page ... si tu vois ce que je veux dire ! plutôt un crachat en haut de chaque page ... histoire de montrer qu'on avait lu le livre !
Il faut se torcher avec la littérature et se fritter avec la société, morale de l'affaire mais il n'y a pas de morale, c'est le hic !

Raphaël Juldé a dit…

Le hic, certes, mais aussi le burp.

Anonyme a dit…

Si vous croyez que Céline n’avait pas le goût, absolu, de la forme ! et Normance, Féerie ; Guignol’s Band ? Il parle d’ailleurs de la nécessité d’une irradiation de la forme, d’une musique dans les entretiens avec le professeur Y, plus encore dans les 2O dernières pages des Beaux draps, cette dentelle. La grande influence de Buk, ça reste Fante (Préface à Demande à la poussière, éd 10/18). On verra (en 1962 peut-être) s’il restera comme un T.Mann ou Melville. The Howl, Kadish, de Ginsberg, ça reste superbe. Will see. (Leverdier, entre deux bierres)

Anonyme a dit…

"on verra en 2062"
nos lecteurs avaient rectifiés d'eux-mêmes.

Raphaël Juldé a dit…

Mais chez Bukowski aussi, il y a un goût de la forme : ce style posé, détaché, qui semble n'avoir nécessité aucune recherche, C'EST un style aussi ! L'idée est surtout, je pense, que la forme ne doit pas dicter le fond, mais en découler naturellement. Le style de Céline, haché, morcelé, mitraillé, correspond exactement à ses récits où la destruction danse (car il y a de la danse chez Céline, et comment) avec la folie... La forme est inséparable du fond, se poser la question de la forme, c'est se poser la question du fond - ou alors, on fait de la mauvaise littérature.
La "petite musique" de Céline est directement liée à l'émotion, pas au verbe. Il s'agit de ressentir, pas d'intellectualiser les choses : c'est lorsqu'on a cessé de se poser la question de la forme que le style apparaît.

(Ou pas ?)

Anonyme a dit…

Vous avez bien sûr entièrement raison sur ce que vous dites dans votre commentaire. Ce n’est pas ainsi que j’avais compris votre phrase : « Les écrivains qui s’attachent à la forme trahissent la littérature en sacrifiant ce qui en fait l’essence même : la vérité et l’émotion. ».
Et Flaubert (et.../et.../) il s’attache pas à la forme ? hurlais-je. Mais pas la peine, procès idiot : vous vouliez dire « qui s’attache trop/ à la forme ». ou « seulement à la forme ». Il suffit d’un adverbe, et tout est parfait.
On peut toujours pinailler : ou est la « vérité et l’émotion »chez le Jarry de Faustroll, chez Roussel, ou est la « vérité » chez le Céline de Féerie, ce pur poème, cette danse justement? Mais sur la littérature, on peut toujours ergoter. Vous avez raison sur le fond, sur ce qui fait le tour du monde. La littérature sans barrières. Merci pour l’anglais, je sais maintenant à quel point il est indispensable de lire Buk en original
Many thanks, Bartleby

Raphaël Juldé a dit…

Parce que la vérité est incompatible avec la poésie ? Je parle de "vérité", pas de "réalisme"... Féerie, chant nullement réaliste, est absolument VRAI.

Anonyme a dit…

« Seigneur, vous l’emportez ». Remarque imparable. Quoique. J’adore les pamphlets de Céline (pour leur forme), là aussi, vérité « profonde »? Oui, pour Céline, me direz vous (peut-être). Vérité et littérature est un débat qui nous empoisonne depuis Platon. Mais comme je n’aime pas les vues dudit Platon… vous avez raison, point. Reste que Buk ne me SEMBLE pas avoir l’ampleur indispensable pour passer les siècles, Women, etc, c’est pas la montagne magique, Boulgakov le Tiers livre, Lowry ou Moby Dick. Mais c’est peut être un écrivain qui assume l’époque, jusque dans ses recoins les plus glauques, qui l’incarne. Pas de dimension spirituelle, parce que, pour une majorité, il n’y pas plus qu’un vide à remplir au petit bonheur des déchéances, et mieux vaut une déchéance sublimée que celle, inconsciente, de tant de métiers. Je ne viendrais plus tatilloner sur ce post, parce que dans le fond, il n’y a rien à redire. C’est votre regard, il est sincère, argumenté, et convaincant.
Leverdier « la corde au cou comme à Calais. »

Ipidiblue homérisé a dit…

Au secours ! Les Simpson arrivent ...